Posture et Souffle

En construction

 

Souffle et postures

Préambule :

Cette section est un livre en devenir. Il évoluera au fil du temps. Se transformera, sera porteur d’imperfections et d’idées en gestation… Un chantier à ciel ouvert. N’hésitez pas à m’interpeler à son sujet, au sujet du souffle dans la posture.

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Introduction :

Il existe une multitude d’ouvrages sur la technique posturale dans le Yoga. Beaucoup sont d’excellente qualité. Ils sont écrits par des gens qui ont une expérience yoguique bien plus grande que la mienne. Mais aucun ouvrage en français, ne traite à ma connaissance, du souffle dans la posture.

Pourquoi? MYSTERE!

C’est pourtant le génie de cette discipline, le hâthâ-Yoga, le Yoga posturale que l’on nomme Yoga (tout court) en Occident. (Il faut savoir qu’il en existe bien d’autres sortes!).

Le secret de la posture c’est le souffle.

Chaque posture installe un souffle particulier dans le corps. Chaque respiration est spécifique à la posture.

Et c’est cela qui rend la posture efficace. Cela qui permet de s’y abandonner, de lâcher prise, de ne plus penser avec sa tête pour se consacrer entièrement à l’intelligence du souffle dans le corps.

Mais ce qui est simple n’est pas forcément facile. Cela demande de la pratique et de l’entraînement dans le temps. Il y a des étapes à franchir, avant de ressentir pleinement et sans douter de soi, le souffle dans la posture et dans l’instant présent de la pratique.

C’est l’objet de ce livre en devenir. Aller directement à l’essentiel. Non pour gagner du temps, mais pour ne pas se perdre en route.

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La toute première chose nécessaire : installer une disposition d’esprit sans jugement de valeur.  

« Je ne me juge pas, en aucune manière. »

Il s’agit de libérer le mental (ce qui pense en moi) de toute pensée. Il faut le rendre disponible à l’écoute du souffle dans le corps et du corps, sans préjugé et dans l’instant présent.

 « j’essaie. Je n’ai aucune obligation de réussite! »

Ce deuxième aspect est tout aussi important. Je ne me mets jamais de pression. J’essaie d’oublier mes désirs de perfection, mes doutes et mes complexes… (D’ailleurs, tout cela m’appartient-il vraiment?). Je repars à neuf! 

Et quand un jugement réapparaît en moi, sur moi, je ne me juge pas, je ne me blâme pas intérieurement. J’essaie de constater : « Ah, je suis en train de me juger… » Parce que sinon, je vais me juger… en train de me juger, et c’est alors sans fin.

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Expérimenter les postures sans jugement de valeur et sans désir de résultat, crée les conditions d’une pratique yoguique authentique.

Cela est tout à fait possible, avec de l’entraînement, avec gentillesse et en prenant soin de soi-même!

Alors, dans ces conditions, croire que l’on peut « réussir une posture ou arriver dans la posture », c’est faire fausse route. Je sais que c’est difficile à entendre, mais il est question de Vivre la posture, non pas  de la « réussir ». 

Comment procéder? En identifiant totalement la posture au déploiement du souffle et en ne l’identifiant plus à une représentation mentale de ce que devrait être la posture.

La posture se vit dans l’instant présent. 

Ce flux de l’inspire et ce reflux de l’expire me rendent à ma vrai dimension.

Mon corps, mon souffle et mon mental obéissent à des lois que je vais pouvoir observer, expérimenter sans idée préconçue, sans jugement de valeurs.

L’inspiration crée de douces pressions qui me mettent en contact avec mes tensions et les contours de mon corps.

Tandis que l’expiration m’autorise à lâcher prise concrètement, musculairement. Elle me permet une détente corporelle.  

Je dois comprendre que mon corps  de sensation existe entre ces deux aspects opposées : les tensions et la détente.

Le lâcher-prise est le passage de la tension à la détente.

Je ne m’identifie plus alors à une limite corporelle (le blocage d’une épaule par exemple), mais à l’espace intérieur libéré par le mouvement du souffle.

 Un dialogue s’installe alors avec mon corps que je vais pouvoir affiner au fil du temps.

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Ce que nous ressentons nous caractérise.

Le corps produit des stimuli que le cerveau perçoit et ordonne : Imaginons que j’ai étiré, à l’aide d’une posture, tout mon côté droit (mais pas encore le gauche, cela viendra dans un deuxième temps).

Pendant la pause yoguique (le moment après la posture où je perçois les effets de la posture), je me mets à l’écoute de mon corps. Par quelle narine je respire? Où les effets se font-ils ressentir? Quelle est la nature du ressenti?

Plusieurs sensations pourront advenir, dont j’aurai conscience… ou pas (pas encore) :

-Les contours, le poids, la température de mon corps.

-Une image intérieur de celui-ci.

-Un pétillement localisé ou au contraire un mouvement énergétique (comme la sensation d’un courant dans l’eau de la rivière) dans tout ou partie du corps. Il s’agit là de la stagnation ou du mouvement de l’énergie du corps (prânâ en sanscrit).

-Ou toute autre chose qui m’appartient.

Le mental va classer ses perceptions dans l’ordre de ses préférences.

Bien entendu, cet ordre change d’un individu à un autre (et changera peut-être aussi au fil du temps). C’est ce qui nous caractérise, ce qui fait notre singularité. Ce qui fait aussi que chacun d’entre nous, avons des perceptions différentes d’un même monde.

On pourra d’abord (et peut-être?) avoir une image intérieure du corps si l’on est un visuel : une image surgit dans mon cerveau quand je tourne mon regard intérieur vers le corps à droite (dans cet exemple). Une image clair ou de couleur blanche m’apparaît. Quand je tourne mon regard intérieur vers la partie du corps qui n’a pas encore été placée dans la posture, j’ai une sensation au contraire plus sombre; comme si le corps était recouvert d’un voile. Il s’agit de ma première perception.

Quand j’approfondis mon observation, je décèle sous la première forme perçue (celle visuelle), une deuxième forme. J’ai la sensation que mon corps est très grand (ou très large…) à droite. Quand je compare avec la partie gauche j’ai une sensation de disproportion entre les deux côtés. Il s’agit d’une sensation kinesthésique (une sensation du corps).

Et puis je m’abandonne encore un peu plus à mes sensations. Et là, je perçois ce pétillement ou ce fourmillement (si c’est plus intense), dans mon corps. Sensation désagréable ou bienfaisante. Je suis alors en contact avec l’énergie de vie, en moi. C’est mon troisième niveau de perception. C’est de cette façon que mon cerveau et mon corps dialoguent.

J’apprends à parler la « langue » utilisée par mon corps pour dialoguer avec lui.  

J’apprends en même temps une partie de ce qui caractérise mon ego (par quels fonctionnements il est façonné).  Et ce, sans jugement. 

Bien entendu, l’ordre du ressenti peut s’inverser d’une personne à une autre. Je pourrais être plus particulièrement kinesthésique, visuel ou sensible à l’énergétique de mon  corps, du corps de l’autre ou de mon environnement (il s’agit d’un ressenti animal, direct).

Peu à peu, toutes les dualités se résorbent en moi pour constituer mon unité.

Se crée d’abord, une unité des parties corporelles : entre le haut et le bas de la colonne vertébrale, entre l’épaule droite et la gauche, entre la hanche droite et la gauche, entre la ligne des épaules et celle des hanches… jusqu’à ressentir une égalisation de toutes les parties du corps. Jusqu’à ce qu’il forme un tout. A ce moment-là, rien n’apparaît  plus de manière saillante en lui, rien n’est plus immédiatement remarquable si ce n’est le corps lui-même, ressenti comme un tout unifié.

Le mental est le reflet de ce qu’il perçoit ou de ce qu’il a perçu, comme un miroir.

 Quand ce qu’il reflète s’égalise, s’unifie alors le mental n’a plus de fonction : refléter la réalité observé et contribuer à l’unification des différentes parties qui nous constituent. Il s’aplanit alors comme l’eau d’un lac paisible qui refléterait la plénitude de la lune. Et ainsi s’unie au corps, réduisant une nouvelle dualité à un degré plus haut (et néanmoins accessible) de la pratique du hatha-Yoga.

Je suis alors et pour un temps, libéré des « bruits » du corps et du mental ( les ressentis et les pensées). Le silence apparaît en moi avec ses corollaires : le sentiment de vivre les choses dans l’instant présent, de n’être qu’écoute de ce qui est, sans qu’aucune interruption n’ait lieu. C’est l’état de Yoga ou de méditation. 

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 I. Le mental ou la Conscience?

La condition sine qua non pour que le hatha-Yoga soit bien une pratique de Yoga est la présence au souffle dans le corps. 

Dès que je suis présent au souffle dans mon corps, je peux être certain de pratiquer le hatha-Yoga… Toutefois, plusieurs méthodes existent qui impliquent des modes de perception différents. Ces modes de perception sont d’une part le mental et d’autre par la Conscience.

Comment les distinguer? C’est tout simple. Le mental se déplace dans le corps. Il s’agit du ressenti corporel que l’on fait se déplacer au rythme du souffle, que l’on synchronise avec la longueur du souffle. Car en fait, il s’agit au départ d’un mouvement qui est lié à la pensée et à sa vitesse (fulgurante, comme la pensée!). Nous pouvons en faire expérience immédiatement, pendant la lecture de ces lignes :  « je ressens mon pouce droit, ma main droite, tout mon bras droit, ma joue gauche, mon front, ma langue… » 

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